Analyse (deux exercices), nombres complexes, arithmétique et structures algébriques
Examen national 2023, session normale, Sciences Mathématiques A et B : étude de f(x) = (ln(1+x)/x) e^(-x) (encadrement de ln(1+x), dérivabilité à droite en 0, encadrement de f', suite u_(n+1) = f(u_n)/3 convergeant vers la solution de f(x) = 3x), longueur de ligne brisée sur la courbe de exp et somme de Riemann de √(1+e^(2x)), nombre complexe u = 1 + (2-√3)i (tan(π/12), suites x_n + i y_n = u^n, triangle O A_n A_(n+1) rectangle), équation x² ≡ 2 [p] et non-existence de solution quand p ≡ 5 [8] (Fermat, formule de Moivre, binôme), anneau E des matrices M(x,y) = (x+y y ; 2y x-y) et corps G à coefficients rationnels isomorphe à ℚ(√3).
Durée : 4 heures. Épreuve officielle de l'examen national (NS 24F), réécrite au propre par Mathnit avec un corrigé détaillé original. Réviser les chapitres : 2ème Bac Sciences Mathématiques, 2ème Bac Sciences Mathématiques B.
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Exercice 1Analyse7.75 pts
Chapitres : Limites et continuité · Limites et continuité · Dérivation et étude des fonctions · Dérivation et étude des fonctions · Fonctions logarithmiques · Fonctions logarithmiques · Fonctions exponentielles · Fonctions exponentielles · Suites numériques · Suites numériques · Calcul intégral · Calcul intégral
Partie I.
- (a) Montrer que : ; . (0,5 pt) (b) En déduire que : ; . (0,5 pt)
- Soit la fonction numérique de la variable réelle définie sur par : . Montrer que : . (0,5 pt)
Partie II. Soit la fonction numérique de la variable réelle définie sur par : On note sa courbe représentative dans un repère orthonormé .
- Calculer puis interpréter graphiquement le résultat obtenu. (0,5 pt)
- (a) Montrer que est continue à droite en . (0,25 pt) (b) Vérifier que : ; . (0,25 pt) (c) En déduire que est dérivable à droite en et déterminer . (0,5 pt)
- Montrer que est dérivable sur puis que : (0,75 pt)
- (a) Montrer que : ; . (0,5 pt) (b) En déduire que : ; . (0,25 pt)
- (a) Dresser le tableau de variations de . (0,25 pt) (b) Construire la courbe en faisant apparaître la demi-tangente à droite au point d'abscisse (on prendra ). (0,75 pt)
Partie III.
- Montrer que l'équation d'inconnue : , admet une unique solution dans . (0,5 pt)
- Soient et la suite numérique définie par : (a) Montrer que : ; . (0,5 pt) (b) Montrer que : ; . (0,5 pt) (c) Montrer par récurrence que : ; . (0,5 pt) (d) En déduire que la suite converge vers . (0,25 pt)
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Partie I.
- (a) Soit . Première inégalité : (les dénominateurs sont strictement positifs) , ce qui est vrai. Deuxième inégalité : (on multiplie par ) , ce qui est vrai. D'où l'encadrement pour tout . (b) Soit . Les trois fonctions de l'encadrement précédent sont continues sur ; par croissance de l'intégrale : Or , et . D'où .
- Pour : . D'après 1.b : , soit (car et ). En divisant par : Les deux bornes tendent vers quand ; par le théorème des gendarmes, .
Partie II.
- (car , avec par croissances comparées et ) et . Donc : la courbe admet l'axe des abscisses comme asymptote horizontale au voisinage de .
- (a) (limite usuelle) et , donc : est continue à droite en . (b) Pour : . (c) Quand : (limite usuelle ), et (Partie I). Donc : est dérivable à droite en et .
- est dérivable sur comme quotient de fonctions dérivables (dénominateur non nul), donc est dérivable sur comme produit. Pour : car .
- (a) Soit ; le dénominateur est strictement positif. Majoration : d'après I.1.b, , donc . Or , vrai pour . Donc et le quotient est strictement négatif. Minoration : d'après I.1.b, , donc . Ainsi (car pour ). En divisant par : . (b) Pour , notons le quotient précédent : avec et . Donc et . Ainsi .
- (a) sur et est continue en : est strictement décroissante sur , de vers . (b) [Figure : dans le repère orthonormé d'unité cm, la courbe part du point avec une demi-tangente à droite de coefficient directeur (passant par et ), décroît strictement, reste au-dessus de l'axe des abscisses (car ) et admet cet axe pour asymptote en . Points : , .]
Partie III.
- Soit sur . est continue sur et strictement décroissante (somme de strictement décroissante et de strictement décroissante). (continuité à droite en ) et . Donc réalise une bijection de sur , qui contient : l'équation , c'est-à-dire , admet une unique solution dans . (Numériquement .) On note que .
- (a) Pour , (car ) et , donc ; de plus . Ainsi sur . Par récurrence : ; si , alors est défini et . Donc ; . (b) Soit sur . est continue sur , dérivable sur avec d'après II.4.b, et . Pour , et sont dans ; d'après l'inégalité des accroissements finis appliquée à entre et : (c) Initialisation : . Hérédité : si , alors d'après (b), . Conclusion : ; . (d) car . Comme , le théorème des gendarmes donne : la suite converge vers .
Exercice 2Analyse2.25 pts
Chapitres : Calcul intégral · Calcul intégral · Dérivation et étude des fonctions · Dérivation et étude des fonctions · Fonctions exponentielles · Fonctions exponentielles
On considère la fonction numérique : et soit sa courbe représentative dans un repère orthonormé . Pour tout et pour tout , on note le point de la courbe de coordonnées .
- (a) Montrer que : ; tel que : . (0,5 pt) (b) Montrer que : ; ( désigne la distance de à ). (0,25 pt) (c) En déduire que : ; . (0,5 pt)
- Soit la suite numérique définie par : ; . (a) Vérifier que : ; . (0,5 pt) (b) En déduire que : . (0,5 pt)
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- (a) Soit . La fonction est continue sur et dérivable sur ; d'après le théorème des accroissements finis, il existe tel que . (b) et , donc (c) Comme et que est strictement croissante sur (composée de fonctions croissantes) : . En multipliant par : .
- (a) En sommant les inégalités de 1.c pour allant de à : (changement d'indice ). (b) La fonction est continue sur . Les deux sommes et sont des sommes de Riemann de sur (subdivision régulière de pas ), donc elles convergent toutes deux vers quand . Par le théorème des gendarmes, (c'est la longueur de l'arc de entre les abscisses et ).
Exercice 3Nombres complexes3.5 pts
Chapitres : Nombres complexes (partie 1) · Nombres complexes (partie 1) · Suites numériques · Suites numériques
On considère le nombre complexe : .
- (a) Écrire sous forme exponentielle les nombres complexes : et . (0,5 pt) (b) Montrer que : . (0,25 pt) (c) En déduire que : . (0,25 pt) (d) Montrer que : . (0,5 pt)
- On considère les deux suites numériques et définies par : (a) Montrer par récurrence que pour tout , . (0,5 pt) (b) En déduire que pour tout : et . (0,5 pt)
- Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct . Pour tout entier naturel , on note le point d'affixe . (a) Déterminer les entiers pour lesquels les points , et sont alignés. (0,5 pt) (b) Montrer que pour tout entier , le triangle est rectangle en . (0,5 pt)
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- (a) et , donc . et , donc . (b) . (c) En développant : . Donc , d'où et . Ainsi (d) , et . Comme , on a bien (module , argument ).
- (a) Initialisation : . Hérédité : supposons . Alors Conclusion : pour tout , . (b) D'après 1.d, . Comme et sont réels (récurrence immédiate : ils sont définis à partir de réels par des opérations réelles), l'identification des parties réelle et imaginaire donne et .
- (a) a pour affixe . Les points , , sont alignés si et seulement si , c'est-à-dire , soit (car ), soit , soit . Les entiers cherchés sont les multiples de : . (b) Soit . car . On calcule Ce quotient est un imaginaire pur non nul, donc : le triangle est rectangle en .
Exercice 4Arithmétique3 pts
Chapitres : Arithmétique dans ℤ · Arithmétique dans ℤ · Nombres complexes (partie 1) · Nombres complexes (partie 1)
Soit un nombre premier impair. On considère dans l'équation .
- (a) Montrer que : . (0,25 pt) (b) En déduire que : ou (on remarque que : ). (0,25 pt)
- Soit une solution de l'équation . (a) Montrer que et sont premiers entre eux. (0,5 pt) (b) En déduire que : (on pourra utiliser le théorème de Fermat). (0,5 pt)
- Montrer que pour tout , divise (on rappelle que : et que : ). (0,25 pt)
- (a) En utilisant la formule de Moivre, montrer que : ( étant le nombre complexe tel que : ). (0,25 pt) (b) On admet que : . Montrer que : et (on pourra utiliser la question 3). (0,5 pt)
- En déduire que si alors l'équation n'admet pas de solution dans . (0,5 pt)
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- (a) est premier et impair, donc ne divise pas ; d'après le petit théorème de Fermat, . (b) étant impair, est un entier naturel et . Comme est premier et divise ce produit, il divise l'un des facteurs (lemme d'Euclide) : ou .
- (a) Si divisait , alors diviserait , donc serait divisible par (car ), ce qui est impossible car est un nombre premier impair. Donc ne divise pas , et étant premier, et sont premiers entre eux. (b) donne, en élevant à la puissance : . Or est premier et ne divise pas , donc d'après le petit théorème de Fermat . Par conséquent .
- Soit . On a , donc divise . Comme et est premier, et sont premiers entre eux ; d'après le théorème de Gauss, divise .
- (a) . D'après la formule de Moivre, . (b) Les sommes admises sont des entiers relatifs. En identifiant les parties réelles des deux écritures de (les étant réels) : . Dans cette somme, le terme vaut ; pour , on a , donc divise d'après la question 3. Ainsi .
- Supposons : avec . Alors , donc et . D'après 4.b : , soit . Si l'équation admettait une solution , on aurait d'après 2.b , d'où , c'est-à-dire , ce qui est absurde car est impair. Donc si , l'équation n'admet pas de solution dans (exemples : , , ).
Exercice 5Structures algébriques3.5 pts
Chapitres : Structures algébriques · Structures algébriques · Espaces vectoriels · Espaces vectoriels
On rappelle que est un anneau non commutatif de zéro la matrice et d'unité la matrice , et que est un espace vectoriel réel.
On considère l'ensemble .
Partie I.
- Montrer que est un sous-groupe de . (0,5 pt)
- Montrer que est un sous-espace vectoriel de . (0,25 pt)
- (a) Vérifier que : ; . (0,25 pt) (b) En déduire que est un anneau commutatif et unitaire. (0,5 pt)
- (a) Vérifier que : . (0,25 pt) (b) En déduire que n'est pas un corps. (0,25 pt)
Partie II. Soient et .
- Montrer que : ; si et seulement si ( et ). (0,25 pt)
- Montrer que est un sous-groupe de . (0,25 pt)
- Soit l'application définie de vers par : ; . (a) Vérifier que : . (0,25 pt) (b) Montrer que est un homomorphisme de vers . (0,25 pt) (c) En déduire que est un groupe commutatif. (0,25 pt)
- Montrer que est un corps commutatif. (0,25 pt)
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Partie I.
- et , donc . Pour : Donc est un sous-groupe de .
- est un sous-groupe de , donc non vide et stable par addition. De plus, pour et : . Donc est un sous-espace vectoriel de . (On peut aussi remarquer que : est le sous-espace engendré par et .)
- (a) . Coefficients : ligne 1 : et ; ligne 2 : et . En posant et , la matrice obtenue est . Donc . (b) est un groupe commutatif (question 1). D'après (a), est stable pour . La multiplication est associative et distributive par rapport à l'addition dans car elle l'est dans . est l'élément unité. Enfin la formule de (a) est symétrique en et : . Donc est un anneau commutatif et unitaire.
- (a) D'après 3.a : . (b) et sont deux éléments non nuls de dont le produit est nul : possède des diviseurs de zéro. Dans un corps, un produit nul a un facteur nul (tout élément non nul est inversible). Donc n'est pas un corps. (Directement : si était inversible, en multipliant l'égalité de (a) par son inverse on obtiendrait , faux.)
Partie II.
- Si alors . Réciproquement, soit avec . Si , alors , ce qui est absurde car est irrationnel. Donc , puis .
- et . Soient et deux éléments de ( non nuls). D'abord d'après la question 1 (appliquée à ), et . Alors et comme produit de réels non nuls. Donc : est un sous-groupe de .
- Remarque préalable : est bien définie car l'écriture d'un élément de est unique (si alors et la question 1 donne , ). (a) . Or . Donc . (b) Soient et dans . avec , donc (d'après I.3.a). est un homomorphisme de vers . (c) L'image d'un groupe commutatif par un homomorphisme est un groupe commutatif pour la loi d'arrivée. est un groupe commutatif (sous-groupe de ) et , donc est un groupe commutatif, d'élément neutre .
- et est un sous-groupe de : et pour . est stable pour ( à coefficients rationnels) ; est associative, commutative, distributive par rapport à dans (car dans ) et . Donc est un sous-anneau commutatif unitaire de . Enfin, d'après 3.c, tout élément non nul de est inversible dans , donc dans , avec pour unité. Ainsi est un corps commutatif.